Aluk Todolo – Interview bonus Obsküre Magazine # 12

06 Déc 12 Aluk Todolo – Interview bonus Obsküre Magazine # 12

En complément à l’article paru dans Obsküre Magazine #12 (novembre / décembre 2012, en kiosques deux mois à partir du 10 novembre), www.obskuremag.net publie les extraits restés inédits de notre entretien avec Aluk Todolo.

Obsküre Magazine : Vu que chaque acte que vous faîtes se présente comme un rituel, avez-vous répondu à certains critères et certains préparatifs spécifiques pour Occult Rock ?
Antoine Hadjioannou : C’est la musique qui est le rituel. Elle est à la fois l’invocation et la manifestation.

Votre musique est technique et virtuose. Pour vous, la musique possède-t-elle un pouvoir magique et cela doit-il passer par une maîtrise de l’instrument?
La technique doit simplement permettre d’être au service de la musique. Il faut faire ce que la musique exige. Pour nous, le but est l’effet, et si cela implique un tempo mouvant, des disharmonies, de l’erreur et de la saleté, alors il faut désapprendre à bien faire. Le fait d’être tous autodidactes dans le groupe nous permet certainement cette liberté, un lâcher prise, qui donne justement à faire les choses de manière médiumnique. Je considère l’instrument comme un prolongement du corps, donc des cinq sens, qui font partie de l’âme. Pour moi la musique magique, enthéogène, c’est de la musique soul, au sens propre, et c’est de cette manière qu’on la joue et la compose. Dans ce cadre, la maîtrise de l’instrument, c’est celle du corps et par extension, ou plutôt en remontant, la maîtrise de la conscience.

A mi chemin entre krautrock, black metal, post-rock, noise rock ou progressif, votre musique tire-t-elle ses racines de tous ces genres musicaux?
Toutes ces références, c’est une manière de décrire la musique, de la situer… Personnellement j’écoute essentiellement Led Zeppelin, les classiques de la Tamla Motown et Magma, et je ne pense pas que cela soit immédiatement décelable à l’écoute d’Aluk Todolo, du moins d’un point de vue stylistique.
Car si notre musique obéit à certaines règles précises, celles ci ne sont pas musicalement restrictives, et ce qui nous inspire chez certains artistes, groupes ou courants musicaux, c’est plus une manière de faire, c’est à dire la liberté.

Votre parcours a été jalonné par des rencontres, notamment avec Faust, SunnO))) ou avec Der Blutharsch. Ces échanges ont-ils servi l’évolution de votre son?
Non je ne pense pas. Ce qui peut nous inspirer, nous faire évoluer ou nous diriger ne saurait être d’ordre musical, puisque nous partons du principe que notre musique nous préexiste, dés lors il s’agit pour nous de la capter et de la transmettre, de manière spirite, soit incarner l’esprit en la matière, Aluk Todolo est donc à priori assez imperméable à toute influence autre que « cosmique ». Cependant, nous apprécions évidemment toujours d’échanger/collaborer avec des personnes qui sont sur la même longueur d’ondes que nous.

Quelques mots à dire sur les choix esthétiques du disque et de sa pochette?
Simplement que l’artwork n’est pas illustratif, il est complémentaire de la musique et contient certaines clés.

Ces cinq dernières années, vous vous êtes beaucoup déplacés dans le monde pour vous produire sur scène. Quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez?
Mes concerts favoris sont ceux que l’on a donné à Tallin en Estonie et plus récemment au festival Stella Natura. Les groupes avec qui nous avons partagés l’affiche et qui m’ont « traumatisé » sont The Psychic Paramount, dont la musique possède des vertus psychoactives d’une puissance rare, ainsi que Murmur de Chicago. Leur batteur Charlie Werber joue d’une manière incroyable.

Aluk Todolo répond à un cahier des charges très spécifiques (musique entièrement instrumentale, outillage rock sans apports électroniques ou orchestraux), comment voyez-vous l’évolution de ce projet à l’intérieur du cadre que vous vous êtes fixé?
Tout est possible. Ce cadre est loin d’être restrictif, bien au contraire. Cette formule offre des possibilités infinies, tout comme de la figure géométrique la plus simple peuvent naître les hallucinations les plus complexes.

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