Alpha – Interview bonus Obsküre Magazine #12

17 Nov 12 Alpha – Interview bonus Obsküre Magazine #12

En complément de l’entrevue d’Alpha publiée dans Obsküre Magazine #12 (Novembre / Décembre 2012, en kiosques deux mois pleins à partir du 8 novembre), www.obskuremag.net publie les extraits restés inédits de notre entretien avec Corin Dingley, désormais seul maître à bord du navire Alpha, une machine à rêver plus proche des cumulus que de l’oméga.

Obsküre Magazine : Comment avs-tu choisi les collaborateurs et chanteuses qui apparaissent sur Eleventh Trip ? Sur quels critères ?
Corin Dingley : Je ne pense pas que l’on choisisse des gens de telle ou telle manière : cela se déroule selon le contexte et les rencontres. À propos d’Hannah : j’ai croisé le groupe The Heavy, je m’occupais de la production de leur tout premier album et j’ai demandé à Hannah si elle souhaitait chanter sur quelques morceaux d’Alpha. Je ne savais pas si ça allait marcher ou non. Lors de la première session, elle a chanté sur environ cinq chansons que j’avais préparées et certains de ces enregistrements sont ceux qui ont été incorporés dans le mix final. Elle est tout simplement géniale ! Quant à Wendy, que puis-je dire de plus qui n’a déjà était dit, si ce n’est qu’elle est avec Alpha depuis le début, qu’elle possède une voix unique et que travailler avec elle est un réel plaisir. Pour Duncan de Blueneck, je me suis également occupé de la production de leurs deux premiers albums. Je ne pensais pas cette collaboration possible; étant donné que son groupe est tout à fait différent et que, de plus, il n’était pas si sûr que les fans d’Alpha aimeraient sa voix. Nous étions en train de travailler sur une chanson de Blueneck quand j’ai demandé à Duncan s’il aimerait bien essayer de chanter dans un morceau sur lequel je travaillais. J’ai installé un micro dehors au grand air à la tombée de la nuit, j’y ai envoyé Duncan et c’est ainsi que « Stay » a pris vie ! Je suis tellement content d’avoir inclus du chant masculin dans cet album…

Tu as commencé à composer pour Eleventh Trip en 2007 et celui-ci ne sort qu’en 2012. Que s’est-il passé pour Alpha durant ces cinq ans ? Quelles sont les raisons d’une sortie aussi tardive ?
La raison principale est que j’ai manqué de temps pour travailler sur l’album. La musique ne rapporte pas beaucoup d’argent, je me suis donc occupé d’autres tâches. Pendant cette période, je me suis aussi installé en France et durant plusieurs mois, je n’avais plus aucun équipement. J’ai ensuite installé un studio dans cette maison, maison que nous avons revendue pour finalement opter pour un petit appartement. Mon matériel est à présent à proximité de mon lit, ce qui rend les choses plutôt pratiques !

Pour moi, l’album se divise en trois chapitres : le premier très pop jazz, feutré mais lumineux et un deuxième, à partir de « Covers been blown », où la mélancolie s’installe et se mélange à une forme de romantisme sombre ; et enfin le troisième dans lequel on revient vers la lumière. Était-ce le but ? Donner cette impression de clair-obscur, de dualité de sentiments ?
Non, je laisse les pistes se développer comme elles viennent, je n’essaie pas de m’y interposer. Je prête peu attention à l’ordre des pistes, je n’aime pas y penser et je laisse le subconscient s’en occuper car je ne crois pas au libre-arbitre. Prends l’exemple de la performance sportive : les athlètes réussissent mieux lorsqu’ils ne pensent pas à ce qu’ils doivent accomplir.

Vous appartenez à l’histoire du trip-hop et de cette célèbre scène de Bristol. Que cela signifie-t-il pour vous ? Comment expliquer cette émergence du trip-hop dans cette zone si précise de la carte ? Une hypothèse ?
Il existe à Bristol une grande communauté de musiciens, et elle est relativement petite pour que l’on puisse se soutenir entre personnes partageant une même passion. Il y régnait au début des nineties une ambiance qui favorisait la créativité, on se sentait presque obligé de suivre un mouvement pour être considéré comme quelqu’un de « cool ». Il y a beaucoup de  Jamaïcains dans cette ville et leur reggae a influencé la plupart des sons produits là-haut, tel que le Drum & Bass. Les samplers ont tout changé et nous ont ouvert des portes vers l’expérimentation. De plus, les boutiques proposaient de bons albums, alors nous les avons pris et samplés !

Certaines des compositions d’Eleventh Trip ont été enregistrées dans ta chambre des Midi-Pyrénées. Tu résides en France depuis combien de temps et quelles sont tes impressions sur notre pays ?
J’aime vivre ici au milieu des montagnes et je n’ai pas l’intention de retourner au Royaume-Uni. Mes enfants parlent désormais couramment le français… mieux que moi, mais je m’améliore ! J’aime bien la culture française, c’est si bon de s’évader de cet horrible système de classes au Royaume-Uni. J’ai trouvé dans les montagnes une grande source d’inspiration et je suis d’ailleurs en train d’écrire un album intitulé Thé Garden Project, dédié à ces montagnes-là. La nourriture, la culture, l’attitude, le climat et l’espace ici sont merveilleux, nous adorons.

Dans quelles « circonstances » et lieux s’écoute selon toi la musique d’Alpha ?
D’après certains, Alpha est diffusé à la sortie des boîtes de nuit, quand ils ont besoin de se relaxer, de discuter de l’univers et quand ils veulent faire des bébés.

Que va-t-il se passer ces six prochains mois pour Alpha ?
Il y a une grande activité sur le site Internet www.alphaheaven.com, c’est un site social que nous avons conçu depuis un bon bout de temps. On y trouve également des tas de sons, quelques morceaux rares d’Alpha et des remixes. Il y a aussi des Alphatars où l’on peut créer sa propre page pour promouvoir ses projets. Nous nous produisons aussi en direct un jeudi sur deux où nous jouons les DJ et où on peut écouter de nouveaux morceaux en cours d’élaboration. Dans moins de six mois, il est possible que vous entendiez parler d’un nouvel album d’Alpha !

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