After Blowdown (artiste playlist Obsküre Mag #5)

23 Sep 11 After Blowdown (artiste playlist Obsküre Mag #5)

Le trip hop étudié, bruitiste et sensuel des Français After Blowdown est notre découverte du bimestre. Retrouvez In the Shade of the Tree, leur nouvel EP autoproduit, en écoute sur www.obskuremag.net et ce, durant toute la période de vente de notre #5 (septembre-octobre 2011). Et partez en notre compagnie à la rencontre de cette formation touchante et inspirée, dont le bain culturel ne se limite certainement pas aux volutes d’éther de Bristol.

Y a-t-il toujours eu chez vous l’idée de réconcilier atmosphère et bruit physique ? Comment définiriez-vous aujourd’hui votre ambition musicale ?
After Blowdown :
Ce mélange, cette fusion n’est pas vraiment réfléchie. On écoute tous du trip hop mais aussi beaucoup d’autres choses plus énervées, plus « rentre dedans » : du post rock à la noise pour Alex (N.D.L.R. : batterie) et Brice (N.D.L.R. : basse) alors que les influences de Chris (N.D.L.R. : claviers / machines) se dirigent plutôt vers l’électro. Rozenn (N.D.L.R. : chant) a des influences vocales s’étalant du trip hop au blues en passant par la soul. Du coup, chaque morceau est un mélange de nos différentes influences ; des choses calmes et d’autres plus violentes… Certaines sont plus évidentes à déceler, d’autres moins mais elles sont là. Elles font partie de nous et rejaillissent forcément. Nos émotions guident également notre musique, certains morceaux peuvent être le reflet d’une tension conservée trop longtemps qu’on laisse à un moment exploser (cf. « Coma »). Pour ce qui est de se définir c’est toujours réducteur, mais on peut utiliser le terme de « Trip Rock Electro ». Si on est obligé de se mettre dans une petite case, ça peut être celle-ci. On peut également dire que lorsque After Blowdown n’est pas triste, c’est qu’il est en colère…

In the Shade of the Tree est le second enregistrement après To the Edge of the Wood. C’est un disque fort de ses climats, cotonneux et sourds ; une ambition climatique qui domine, par exemple, sur l’instrumental « Alone », quand le son est ailleurs plus épais avec « Victory ». En quoi voyez-vous le son et le groupe grandir à travers ce nouveau travail ?
Ce deuxième enregistrement est sorti un an après le premier, la plupart des morceaux qui le composent existaient déjà lors de l’enregistrement de To the Edge of the Wood, nous les jouions déjà sur scène à cette période. Mais ils ont forcément évolué en même temps que nous… ce qui fait que l’ambiance de ce second EP, peut être plus pesante, est différente du premier. cela étant, nous considérons qu’on peut écouter les deux d’affilée sans être choqué. Ces deux EP pourraient être deux frères jumeaux qui auraient été séparés à la naissance : même patrimoine génétique, mais environnements différents…

Sur scène, développez-vous ou souhaitez-vous développer pour votre musique un environnement visuel (vidéo, etc.) ?
Pour le moment non, mais c’est vrai que notre musique pourrait s’y prêter… Mais de la vidéo juste pour mettre de la vidéo ne nous intéresse pas, si c’est pour faire défiler les mêmes images qu’on peut voir dans de très nombreux DJ sets, ça ne sert à rien, autant avoir un joli plan de feu. Après si on rencontre LA personne avec qui ça colle artistiquement et humainement et qui veut faire partie intégrante d’After Blowdown nous pourrions être partants, oui.

Y a-t-il chez After Blowdown un processus propre à chaque composition, est-ce que ça change tout le temps ?
Chaque morceau a sa petite histoire, son cheminement propre, mais il y a quand même un schéma qui revient assez régulièrement… Une mélodie, un riff est proposé par un des membres du groupe et là c’est parti pour un long échange de fichiers sur clé USB. On enregistre sa partie sur ordinateur, on réarrange, on remixe, on coupe et on renvoie la nouvelle version et ainsi de suite… jusqu’à ce que le morceau ait sa structure définitive à 80%. Et là, pour la première fois on le joue ensemble tous les quatre en répétition afin de le fignoler, de lui donner une couleur « live ». En fait on compose chacun de notre côté sur les idées des autres puis on insuffle l’énergie en répétition.

Quel est donc ce fascinant morceau qui se cache à la suite de « Coma » ? A-t-il un titre ? Est-ce une pure chute de studio ou quelque chose que vous aviez prévu initialement de faire figurer ?

Ah, tu l’as trouvé ! Félicitations ! Tout d’abord ce titre ne se trouve que sur la version CD que nous vendons à prix libre à nos concerts ou par VPC sur demande. Sur la version online il n’apparaît pas. Ce morceau a bien un titre…Pour la petite histoire, chacun de nos morceaux à un nom improbable avant qu’il ne soit intégralement fini. Celui-ci porte pour le moment le nom de code « VCX22 ». C’est en fait un morceau qui était en cours de composition lors de l’enregistrement.

La présence de ce titre ponctue le disque mais y a-t-il une signification cachée derrière ?
La signification n’est pas réellement cachée (bien que le morceau le soit), mais on avait envie de montrer quelles seraient les couleurs de nos futurs morceaux et on avait également envie de faire découvrir un titre en cours de création que ceux qui écouteront la version définitive puissent s’amuser à les comparer. C’est un petit bonus pour celui qui a acheté le CD.

Quels projets pour After Blowdown pour la fin 2011 / le début 2012 ? Envisagez-vous à moyen terme la parution d’un format long ?

Les projets ce sont des concerts, dont une date dans la belle salle du Fuzz’Yon (85) le 19 novembre 2011 précédée d’une résidence afin de peaufiner notre son live. Pour le moment on cherche à jouer le plus possible ! Le travail de studio nous plait beaucoup mais After Blowdown est surtout un groupe de scène où la tension puis l’explosion des morceaux y prennent tout leur sens. Nous pensons évidemment à la parution d’un format long mais nous ne savons pas encore si ce sera de l’autoproduction ou si nous passerons par un label. Ça reste pour l’instant une envie. On sait qu’on le fera, mais quand et comment, ce n’est pas encore d’actualité.

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