ACWL – Foküs bonus Obsküre Magazine #11

30 Oct 12 ACWL – Foküs bonus Obsküre Magazine #11

www.obskuremag.net publie les longs extraits restés inédits de notre foküs paru dans Obsküre Magazine #11 (septembre / octobre 2012) à l’occasion de la sortie du nouvel album L’Être Ange Démon. Où le groupe français pop / rock / new wave nous parle arrangements, texte, et… compilation acoustique.

Vous semblez avoir eu le désir de raffiner vos instrumentations sur ce nouvel album. Je trouve personnellement le rendu plus senti et moins « mastoc » qu’avant, et puis il y a l’incursion de l’anglais à votre musique qui crée cette agréable fluctuation dans le phrasé et lui sied bien. Dans quel état d’esprit avez-vous abordé la confection de cet album ? Y avait-il dès le départ une intention consciente de « rénovation » ou les choses se sont-elles déroulées davantage en dehors du conscient ou du cérébral ?
Jean :
Il y a rarement une intention consciente de rénovation quand on aborde un nouvel album mais plutôt un désir de créer ce que nous dictent nos émotions. Le travail commence d’ailleurs souvent sur les albums précédents… Rien de réellement conceptualisé ou préétabli en amont. Ce quatrième album se distingue de ses prédécesseurs par son aspect plus dépouillé : retourner aux sources de la création et de l’émotion.
Clin : La difficulté est de ne pas se perdre dans les méandres des arrangements studio et de retrouver la magie de la genèse. La rénovation semble primordiale à chaque créateur. Ne pas se répéter à titre personnel, explorer des pistes nouvelles peuvent être un objectif en soi, mais les moyens engagés tiendraient davantage de l’inconscient que d’une volonté directrice ou tyrannique ! De fait nos albums s’imprègnent de nos chemins de vie, de nos expériences musicales ou extra musicales.
Jean : On part très rarement d’un texte dans la composition d’un nouveau titre. Pour respecter au plus près la mélodie originelle, l’anglais s’est naturellement imposé. Mais le français et les recherches autour de la sonorité restent un travail majeur au sein du groupe. Sur un plan pratique l’anglais élargit de fait l’alternative de l’export.
Clin : L’anglais n’était pas prépondérant dans notre discographie mais bien présent dans nos improvisations et titres inédits. Il offrait aussi la possibilité, au sein d’un même titre, d’un mélange avec le français et ces strates ouvraient d’autres perspectives stylistiques comme dans « Way back Home » ou « Someone will stay », titres comportant des textes en anglais et en français.

L’épure marque certains exposés, je pense par exemple à « Ghost Love » qui est, à mon avis, une des chansons pop les plus senties du disque. De quelle manière est née et s’est organisée cette jonction des voix ?
Clin :
La voix, centre des émotions est passionnante : les grains, textures, harmonies et les mélanges que l’on peut obtenir, tout comme se confronter à l’émotion d’un autre chanteur et aux perspectives créatrices qu’elles engendrent. L’orchestration des voix s’opère sous les formes les plus variées et cette liberté là nous plait : doublage pur et simple ou en contrepoint, en réponse, en lead, voix parlée, chantée, chuchotée, vocalises… La jonction des voix peut donc autant être justifiée par la forme, l’esthétisme du morceau, que par le fond, le sens du texte. Sur « Ghost love » nous étions au plus proche des deux ! Nous avons aussi détourné les tessitures puisque les vocalises aiguës sur ce titre sont le fait de Jean, alors que sa voix est généralement plus rocailleuse et employée de manière moins évanescente.
Jean : Clin a un éventail plus étoffé car c’est sa façon la plus spontanée de s’exprimer au sein du groupe. Sa tessiture large diversifie l’approche des morceaux et permet de développer une palette de styles étendue.
Patrick : Avoir deux chanteurs avec deux voix aussi différentes fait vraiment de cet album un animal original et une illustration formelle du titre (sourire). Jean a toujours chanté mais peu de titres à deux voix ont figuré sur les précédents albums.
Clin : Durant la tournée acoustique d’ailleurs tout le monde s’y est mis ! Patrick a une voix de basse russe, peut-être une réminiscence d’une vie antérieure au goulag à frapper sur la glace (sourire).

Après le troisième album, il a été évoqué une « compilation acoustique ». Pourriez-vous nous en dire davantage sur ce projet ? Est-elle sensée sortir dans une période rapprochée de L’Être Ange Démon ou est-ce un projet reporté ? Cette compilation comprendra-t-elle des relectures de vos propres titres, des reprises ou des choses entièrement nouvelles ?
Patrick :
Il s’agit bien d’une relecture de nos titres. Ce projet a été déclenché à la demande de nos fans qui réclamaient une trace de notre tournée précédente dite « acoustique ». Nous en avions également le désir, cela s’est donc passé assez naturellement et avec beaucoup de plaisir. La seule difficulté dans cet exercice est de faire un choix parmi les titres et les nombreuses possibilités d’adaptation.
Clin : Nous avions décidé en effet de prolonger l’expérience de notre tournée acoustique en reprenant nos trois précédents albums sur disque. Cela a peut-être déteint sur la forme et le caractère dépouillés que tu évoques puisque les deux projets ont été enregistrés conjointement. La majorité des titres de ce quatrième album ont été également travaillés sous une forme acoustique pour les aborder sous un autre angle.
Jean : Les deux ans de cette tournée acoustique ont été riches d’enseignement. Du coup, même si L’Être Ange Démon a pris de vitesse cette compilation, le projet de la sortir de manière rapprochée nous semble toujours cohérent… À ce jour, la liste des titres n’est pas arrêtée.

Dans quelle mesure comptez-vous développer L’Être Ange Démon sur scène et la performance occasionnera-t-elle de la nouveauté sur le plan visuel (scénographie, vidéo) ?
Patrick :
Nous avons beaucoup d’idées pour faire vivre ce quatrième album sur scène, nous espérons que les lieux où nous nous produirons permettront de nous exprimer pleinement et spontanément. Scénographie et vidéo sont des instruments magiques quand elles ne prennent pas le pas sur le fond.
Jean : Nous avons hâte de remonter sur scène c’est une telle aventure émotionnelle qu’elle donne une autre dimension aux titres. Le public offre tant, que les compositions y ont une deuxième vie ! La musique est un instrument de partage.

Le parrainage d’Indochine sur certains de vos projets ou apparitions vous a-t-il servis ou cantonnés à un certain public ? Est-ce une collaboration que vous envisagez de voir se prolonger dans le futur, si l’opportunité se présente ?
Patrick :
Indochine, c’est une belle rencontre il y a dix ans sur la tournée Paradize (2002/2003), des moments intenses partagés sur scène, une collaboration sur le titre « Quand viendra l’heure » (N.D.L.R. : sur Une Vie plus tard, le deuxième album, en 2005). Deux autres albums sont sortis depuis.
Jean : Notre public est rock au sens le plus large, c’est une chance et nous l’apprécions à sa juste valeur. Côté collaboration : nous travaillons pour la synchronisation, cinéma /TV… Notre musique s’y prête particulièrement. Nous aimerions développer ce domaine. À suivre.

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