7 Weeks – Interview (Pt. 2)

11 Nov 16 7 Weeks – Interview (Pt. 2)

7 Weeks joue live ce samedi 12 novembre lors de la release party organisée pour la soirée de lancement du nouvel albbum A Farewell to Dawn. L’évènement se déroule à La Fourmi (Limoges – 87), où le groupe présentera certains des nouveaux titres qui composent cet ensemble très pensé en termes de mélodies, climats et textes. Retour en compagnie de Julien Bernard (chant, guitare, basse) sur l’approche en cours pour un lin-up reconfiguré depuis quelques mois.

Photos : Ardonau

Obsküre : Comment voyez-vous, de l’intérieur, l’évolution de 7 Weeks dans l’approche du texte depuis Carnivora ?
Julien Bernard :
Écrire les mots m’est difficile, mais sur cet album il y a plusieurs textes qui m’ouvrent une nouvelle voie, plus ancrée dans la réflexion et la réalité. Je m’y retrouve plus, je maîtrise mieux les idées, je les modèle… ce n’est plus de l’écriture automatique. C’est le cas sur « January » notamment. En tout ça, A Farewell to Dawn est un jalon dans notre écriture, une sorte de bilan pour pouvoir passer à autre chose.

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Il y a aujourd’hui dans l’approche de votre son un grain moderniste, une discrète machinerie. Cette inflexion révèle-t-elle une envie que vous considéreriez, en tout cas pour l’heure, comme dessinant quelque chose du futur du groupe ?
Nous sommes trop hybrides pour savoir à l’avance où aller… d’autant plus que notre côté blues est toujours là, quelque part. Ce côté moderniste comme tu dis, c’était quelque chose que je voulais qu’on mette en avant avec Manu (NDLR : Manuel Costa, fondateur du projet Olen’k). Quand il est parti, 7 Weeks s’est recentré sur les guitares mais très vite, cet axe basse/claviers a refait surface – pas partout, mais sur au moins la moitié de l’album. C’est sûrement le yin de notre côté plus roots.

Cette expérience de studio 2016 avec Francis Castes – de par l’approche et la personnalité de ce dernier, qui lui font embrasser plusieurs dimensions du travail en même temps – vous a-t-elle fait découvrir des choses fondamentalement nouvelles sur votre son ou sur l’approche et les techniques de l’enregistrement ?
Pas vraiment découvrir mais plutôt aboutir certaines choses notamment dans le jeu. Nous avons passé plus de temps que d’habitude sur la batterie, il m’a fait jouer je ne sais plus combien de pistes de guitares et chanter des dizaines de voix. Francis voit où tu peux aller et te pousse un petit peu plus loin. Personnellement j’attendais ça depuis longtemps, on était préparé heureusement, car par exemple tous les solos sont doublés voire triplés et donc il faut pouvoir refaire tout à la note. Mais ça me plait, je suis plus attiré par une prod typée Bob Rock qu’à la Albini en quelque sorte. Le son s’en ressent : il est énorme, et en même temps très clair vu le nombre d’infos.
Je pense qu’un musicien ne peut pas avoir conscience de ce qu’il fait réellement sur le moment, la seule chose qu’il peut gérer c’est son jeu et sa qualité. Une fois que c’est fait et confié, d’abord à la vision de celui qui produit, puis aux oreilles de celui qui écoute, ça ne lui appartient plus totalement. D’où, et j’y reviens, l’importance de la réflexion en amont. Car une fois couché en studio, il est trop tard.

Comment s’est préparée la collaboration avec Shanka (NDLR : guitares chez No One Is Innocent), que vous connaissez bien, pour A Farewell to Dawn ? Est-ce un choix qui s’est produit tôt dans le processus de travail ?
Oui. Nous avions même, au tout départ, pensé faire tout l’album avec lui aux claviers. Puis on a décidé de se recentrer tous les deux avec Jeremy et ce n’est qu’une fois l’album bien avancé dans sa composition qu’on a senti le besoin de quelques sons synthétiques. Sa force a été de faire de deux plages ambiantes de véritables morceaux et de magnifier « January » alors qu’on lui demandait juste quelques nappes pour habiller ces titres. Il est très créatif.

Pourquoi lui ?
Parce qu’en plus d’être un excellent guitariste, il est aussi passionné de claviers, de sons, de bidouilles, et qu’il connait bien le groupe. Il nous semblait juste légitime à jouer sur cet album, où nous étions juste tous les deux avec Jérémy. On n’aurait jamais demandé à quelqu’un qu’on ne connaissait pas ou peu.

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Très beau clip que celui réalisé par Pierrick Aubouin et David Chadelaud pour « January ». Y avait-il là l’idée de faire miroir avec l’esprit des photographies noir et blanc d’Ardonau qui ornent l’intérieur du livret ? Ou alors, les deux supports livret intérieur et clip, sont-ils totalement déconnectés l’un de l’autre en termes d’influence, du moins si Pierrick et David ne connaissaient rien des photographies d’Ardonau au moment de réaliser le film ?
C’était la consigne de départ, un clip dans les tons du livret : n&b, avec beaucoup de contres et peu d’images de nous. Tout ça pour faire une rupture de style avec nos anciens clips et un écho aux superbes photos d’Ardonau.
Là-dessus, David et Pierrick nous ont proposé une esthétique qui collait parfaitement avec nos attentes et qui leur était familière. Ça a bien fonctionné, effectivement.

Comment se comporte le nouveau line-up live de 7Weeks ? Sentez-vous aujourd’hui les réflexes musicaux collectifs formés, affirmés ?
Nous avons fait peu de dates pour le moment mais ça se passe bien. On ne remplace pas les réflexes et surtout une histoire commune en quelques semaines, mais le groupe est soudé et se pose les bonnes questions.

Existe-t-il une chance de voir Shanka sur scène avec vous sur certains shows ? Est-ce dans les tuyaux ou, a minima, cela n’est-il pas exclu ?
Bien sûr, on y avait pensé – mais c’était assez compliqué avec son emploi du temps. Actuellement on a PH au poste de claviers sur scène, et qui l’assume très bien.

Les mouvements internes ayant touché l’histoire du groupe ces derniers temps vous incitent-ils, du moins à court terme, à considérer l’ADN humain du groupe comme mutant ou reste-t-il question pour vous de stabiliser le line-up ?
Nous avons beaucoup pensé à ça, au fait d’avoir eu beaucoup de changement de line-up, de déceptions etc…Ça nous a beaucoup affecté et l’artistique était bridé voire bâclé par ces situations. 7 Weeks est un groupe qui fonctionne de manière professionnelle. Derrière il y a des ambitions, des gens qui attendent de nous une certaine qualité mais tout ça quasiment en mode autoproduction et donc, avec des moyens réduits. Ça demande beaucoup d’investissement et de volonté… et pour certains, c’est trop exigeant. Nous le comprenons, mais nous ne pouvons pas l’accepter pour le groupe. Aujourd’hui 7 Weeks c’est Jeremy et moi, c’est assumé et clair pour tout le monde. De cette façon, il est assuré que le line-up soit stable.

Ce mouvement interne crée-t-il une situation dans laquelle les deux fondateurs comptent, du moins à court/moyen terme, encadrer seuls le cap artistique ?
Tout à fait.

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> 7 WEEKS ONLINE
Site officiel
FB officiel

> 7 WEEKS RELEASE PARTY
– Soirée organisée pour la sortie de A Farewell to Dawn

Organisé par F2M Planet et l’association L’Art Scène
Samedi 12/11/2016 @ La Fourmi (Limoges – 87)
7 WEEKS LIVE + guests : Dirty Rodeo + Red River Stone

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